Les crucificateurs de Jésus sont de retour a Ghaza .

La zone Euro explose son Taux d'inflation


Heureusement que les vacances sont là pour maintenir Français et Européens dans une "douce" torpeur ... mais la réalité demeure : l'inflation a encore repris du poil de la bête en juillet dans la zone euro. ...



Ne reculant devant aucun "sacrifice" ... - encore que, cela dépend de quel côté l'on se place - elle a même battu un nouveau record, à 4,1% sur un an, selon une première estimation publiée jeudi par l'Office européen des statistiques, Eurostat.


Ce chiffre, qui n'avait encore jamais été observé depuis la création de la zone euro en 1999, est légèrement inférieur aux attentes des analystes interrogés par Dow Jones Newswires, qui tablaient en moyenne sur 4,2%.

Le précédent record remontait au mois de juin, avec une inflation à 4%.

Raisons premières d'une telle situation : la flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires, lesquels étant désormais intimement liés, biocarburants, ou plutôt agro-carburants, "obligent".

Un "malheur" n'arrivant jamais seul ... cette tendance se double désormais de signes d'un net ralentissement économique dans la zone euro, le pétrole cher, l'euro fort et les turbulences sur les marchés financiers ne facilitant pas les choses.

Source : AFP

Note :

Avez remarquez que le carburant a la pompe est en baisse sensible par rapport au mois juillet. c'est évident, cette baisse vient au bon moment pour permettre au bon peuple de maintenir ou de se décider a prendre son véhicule pour les vacances. le mois de juillet etant calamiteux, la spéculation a reçu des ordres pour ne pas pousser vers le haut.

ZEID: POURQUOI TU TUES?


Zeid : Pourquoi tu tues ?
Auteur : Jürgen Todenhôfer
Editions : Birtalsman, Munich, 2008

Ainsi, il n'a pas hésité à se déplacer dans les zones de conflit et à approcher « l'autre », que les médias occidentaux caricaturent et même ternissent l'image. Son premier voyage a été en Afghanistan, en 1980, pendant l'occupation soviétique, qu'il a revisité, ainsi que l'Irak, après l'occupation américaine.

Le livre, « Zeid : pourquoi tu tues ? », est le fruit d'un séjour de l'auteur dans la ville de Ramadi, à l'ouest de l'Irak, ainsi que de ses longs entretiens avec un grand nombre de résistants et d'une parfaite connaissance de la réalité de la guerre en cours. Son verdict, clair et net, est qu'il faut en finir avec les guerres américaines.

Un livre d'un autre genre :

A sa sortie, au début de mars 2008, ce livre a été au top des ventes, selon les deux journaux Der Spiegel et Stern et il n'est pas étonnant que les prochaines semaines améliorent cette position après que l'auteur ait été invité sur de nombreux plateaux de télévision, y compris le journal télévisé du matin, commun aux chaînes I et II. ..

Le titre « Zeid : pourquoi tu tues ? », a été developed sur 1/3 (124 sur 336) des pages du livre et dans lesquelles l'auteur analyse l'état des lieux de la resistance irakienne.
Avec son introduction de près de trente pages, « une introduction d'un autre genre, à la recherche de la vérité » selon l'auteur, le livre apparaît dès le début comme étant d'une grande originalité.

Il y développe succinctement le contexte historique, culturel et religieux de cette région, le précédent colonial occidental et enfin ses propres voyages à travers tous ces pays et notamment son séjour à Ramadi en Irak.

Dans son introduction et dans un style plus proche du conteur que de l'analyste, l'auteur se dresse en pourfendeur de tous les préjugés véhiculés en occident contre l'islam et les musulmans et rappelle que tout cela n'est que le résultat d'une grande ignorance des occidentaux de l'islam et des musulmans, alors que ces derniers et jusques dans les couches populaires, connaissent largement l'occident.

Un voyage initiatique et avec la résistance irakienne :

Le voyage de l'auteur en Irak a été précédé par un autre, plus beau encore selon lui, à travers une traduction du Saint Coran, dont il dit « n'avoir jamais lu un livre plus imbu d'esprit de justice», et dont il souligne la beauté du texte, malgré les obstacles dressés à sa bonne compréhension par les mauvaises traductions! Rappelant les occidentaux à l'occasion qu'ils auraient bien besoin de réviser leurs préjugés sur les musulmans et l'islam.


L'auteur n'hésite pas afficher ses positions, principalement concernant la résistance contre l'occupation américaine qu'il considère parfaitement légitime et qu'il lave des accusations de terrorisme dont on l'affuble. En exergue à cette partie du livre ce verset Coranique qui inspire, selon l'auteur, les combattants dans leurs moindres gestes et avant chaque opération : « C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes… », (Sourate Al Ma'idah 32).

Dans cette tâche de réhabilitation d'une résistance malmenée et dénigrée, autant par l'occupant que par les médias, l'auteur utilise le style du récit, des séries de contes attachants avec parfois de brèves analyses, qui doit enchanter ses lecteurs et emporter leur adhésion. C'est d'ailleurs son style dans toutes les rencontres télévisées auxquelles il a participé et qui lui ont toujours valu un succès immense.

La terreur qu'inspire les exactions des forces d'occupation américaines, se traduit, entre autres, par le refus initial du jeune Zeid de répondre aux questions de l'auteur sur les raisons de son engagement dans la résistance. Au début, sa réponse tenait en ces quelques mots : « je ne vous dirai rien. Voulez-vous que je condamne ma famille à Abou Ghrib et moi-même à Guantanamo » ?
Les opérations terroristes qui visent des civils représentent à peine 5% de la centaine d'opérations exécutées quotidiennement, mais les médias ne parlent que de ces dernières et occultent les 95%. D'autre part, 95% des victimes de la centaine d'opérations menées chaque jour par les américains sont des civils et 5% sont des combattants. Les médias n'informent que de celles qui visent les combattants.

L'auteur rappelle les mille précautions prises par les combattants pour épargner la vie des civils et cite à ce propos les confidences du père de Zeid. « Ce dernier avait placé une charge explosive et attendu deux heures avant qu'un blindé américain ne s'approche des lieux. Au même moment, un vieil homme surgit, ce qui dissuada le jeune Zeid de faire exploser sa charge. Le sentant dépité, ses compagnons sont venus aussitôt le soutenir dans son choix, et l'assurer que c'était le meilleur » !

Au début, Zeid n'était pas partisan de la lutte armée et il a même hésité pendant deux ans avant de s'engager dans la résistance. Par des mots simples, il raconte sa détresse devant le bombardement des fidèles dans les mosquées de Fallouja et Ramadi par les hélicoptères américains. La goutte qui a fait déborder le vase est venue avec la mort de ses deux frères et de son oncle sous les bombes américaines. Depuis, Zeid vit chacune de ses opérations de résistance avec les images des corps déchiquetés et des mosquées en ruines.

L'auteur traite aussi de la guerre et du déroulement des opérations sur le terrain. Il récuse le discours officiel américain accusant la Syrie de faciliter l'entrée des armes et des combattants à travers ses frontières, lui-même étant arrivé à Ramadi à travers ces frontières.
De même qu'il récuse que « la discorde entre les chiites et les sunnites soit un produit local ». Elle est simplement le résultat d'opérations ciblées, visant les civils dans les rues, les mosquées, les marchés et lors des festivités religieuses et dont les auteurs attendaient justement qu'elles creusent le fossé entre les deux communautés. D'autre part, ces opérations représentent à peine 5% de l'ensemble des opérations menées chaque jour par la résistance.

Al Quaida :

L'auteur interroge Aba Bassem, un combattant irakien, sur l'avenir d'Al Quaida en Irak après le retrait américain du pays. La réponse est claire et nette : « le désordre est arrivé avec les américains et il finira avec eux. Le retrait rapide pourrait nuire aux américains mais sûrement pas à l'Irak ».
Sur la base des déclarations de jeunes résistants chrétiens, l'auteur dément aussi ce qui semble constituer une vérité absolue pour les médias occidentaux, à savoir la menace permanente contre les chrétiens irakiens. Le jeune Youssef, qui lui a longuement parlé de son combat et celui de ses coreligionnaires aux côtés de leurs concitoyens musulmans, le charge même de transmettre à ses concitoyens allemands, « qu'il n'y a pas que les musulmans qui combattent l'occupation américaine mais les chrétiens aussi. Nous aussi, les chrétiens, nous voulons nous débarrasser des forces d'occupation américaines et des groupes terroristes occidentaux » !

Les récits des combattants sur leur vie quotidienne, sur leur combat et leurs espoirs, donnent enfin une humanité à des gens sans voix et qu'on a toujours dénigrés.

Ce livre est un nouveau témoignage, un de plus dans une série qui s'allonge chaque jour en occident, sur un crime contre l'humanité, perpétré contre un peuple, un pays et une civilisation. Le lecteur ne sort pas indemne de ce livre et, s'il se souvient du président Bush déclarer « que les objectifs américains sont en train de se réaliser en Irak», il conclura sûrement que « ce sont l'homme et l'Irak qu'on est en train d'assassiner ».

Compte rendu de lecture par Nabil Chabib

Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï

tunisit.fr

Val le neo-fasciste et la liberté d’insulter les musulmans.

Il y a une vertu que les musulmans ont adopté pour certains et pour d’autres essayent d’acquérir : celle de la patience. Avec la patience, tout ce dévoile et tout se retourne. Ne dit-on pas que la justice se fait d’elle-même. Dieu, Lui, agit par sagesse car il est Le plus sage. Les hommes sont faibles et se blessent facilement face a des caricatures fascisantes de charlie haine. Mais avec de la persévérance, le musulmans acquièrent cette patience que le matérialisme a détruit depuis que le capitalisme est capitalisme....

En occident, on considère que la patience est un manque de confiance, mais dans l’islam et la culture islamique, on considère que la patience est l’arme du plus fort, ou une vertu du plus fort. Ce n’est pas en répondant a un haineux par la haine que l’on répare, mais en faisant preuve de patience.

Oui, la patience est une épreuve comme l'exercice d’un grimpeur qui escalade une montagne, il se blesse, s’écorche, doute, se pose des questions quant a ses capacités, puis se résout avec beaucoup d’endurance à surpasser les difficultés.

Avec l’affaire de siné, pour lequel je n’ai aucun respect car très lâchement virulent a l’endroit des musulmans, a subi les foudres de sa famille. Ceux avec qui, il a volontairement contribué pour reproduire les caricatures d’un journal d’extrême droite.

JE PARLE Là DE LA JUSTICE CELESTE.

Pourquoi céleste ? parce que tous le monde, parmi le grand public pensait que val défendait vraiment la liberté d’expression. Pour certains, sincèrement, pensaient a une défense honnête. En réalité, il n’en est rien, il a repris, avec la compassion des sionistes de France les caricatures d’un journal fasciste qui avait fait les mêmes illustrations contre les juifs dans les années sombres. ce journal adhérait aux thèses nazies.

Une parodie de débat s’en est suivi, sans les musulmans bien entendu… criant a qui veut l’entendre la défense de la liberté d’expression.

Nous avons maintenant, avec l’affaire siné, une bien belle liberté d’expression. Cette homme, val, ne défend rien de tel. C’est un raciste, islamophobe qui obéit au neofasciste sionistes. C’est un synachiste qui joue le jeu de la propagande, du conflit et le choc des civilisations.

Un fasciste comme val ne respect pas la liberté d’expression tout comme sa copine fourest et siné qui ont profité de l’isolement des musulmans pour les accabler. Ces gens n’ont rien de logique. Siné aboyait avec les sionistes pour accabler les musulmans. mais en voulant jouer au jeu de l’Egalité, pensant qu’il n’aurait aucune remontrance, siné a dépassé les limites du tolérable concernant les juifs et les sarkozy.

Ces gens ne méritent pas mon respect.

Certains sites que je lis avec attention, ont voulu aider, ou faire du zèle avec une pétition en ligne, mais c’était sans savoir que siné ne voulait pas de leur aide. Ils avaient oublié que siné avait l’intention de coucher un mot d’excuse dans ce même journal de haine. Cela veut bien dire que siné avait ses propres limites concernant les juifs, mais n’avait aucune limite pour les musulmans.

La justice qui vient de se faire est celle CELESTE, car tous le monde sait dorénavant que val, siné, Charlie haine et autres amis des ces gens ne sont que des propagandistes sionistes. Ce journal nazi a perdu beaucoup avec cette affaire.

Comme je dis toujours, au lieu d’envoyer des boubaker et le CFCM a la solde de sarkozy, il suffit d’attendre que les chiens se mangent entre eux.

Qu’ils « s’entretuent », je ne défendrait ni le gauchiste d’extrême droite (siné) ni les fascistes de charlie haine. C’est une bonne nouvelle pour eux… ils ont perdu un IMMENSE procès.

Quand les sionistes prennent LEURS libertés

L’opposition à Poutine, le dessous des cartes
30/4/2005

Dans son numéro du 29 avril, Le Monde publie un article “Leonid Nevzline tente d’organiser l’opposition russe en exil” particulièrement éclairant…

Extraits signifiants :

“Assis dans le salon de sa villa au nord de Tel-Aviv, entouré d’une collection de statuettes japonaises représentant des samouraïs, Leonid Nevzline mène son combat contre Vladimir Poutine. Agé de 45 ans, cet oligarque russe vit depuis août 2003 en Israël, où il s’est réfugié pour fuir la justice russe. ”...

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“Leonid Nevzline est devenu, au fil des mois, le chef de file des oligarques russes en exil qui ont juré la perte de Vladimir Poutine. Sa fortune, évaluée en 2003 à 2 milliards de dollars par le magazine Forbes, a subi le contrecoup des poursuites judiciaires et des saisies d’actifs visant Ioukos, mais elle reste conséquente. Leonid Nevzline contrôle aujourd’hui, à lui tout seul, 67 % du capital de la holding Menatep, enregistrée à Gibraltar, qui détient plus de 60 % de Ioukos.

Dans la quiétude du quartier balnéaire aisé de Hertsélia Pitouach, noyé dans les pins, les lilas et les palmiers, Leonid Nevzline passe le gros de ses journées pendu au téléphone avec Moscou et avec d’autres hommes d’affaires russes, exilés en Israël ou à Londres. Il reçoit régulièrement des émissaires venant de Moscou, dans cette maison à l’ambiance californienne. Les baies vitrées s’ouvrent sur un jardin avec piscine, et le garage abrite une luxueuse décapotable.

Leonid Nevzline multiplie les tribunes dans la presse russe et cherche à fédérer des forces politiques contre le pouvoir de Vladimir Poutine. En Israël, il compte comme soutiens l’ancien dissident Natan Chtcharanski, “un des leaders mondiaux de la pensée politique” , selon lui, et Benyamin Nétanyahou. Il a investi dans le secteur pétrochimique israélien et a fondé un institut portant son nom, le Centre de recherches Leonid Nevzline pour les juifs de Russie et d’Europe de l’Est, qui veut venir en aide aux immigrés arrivant en Israël.”

“Il fut un temps où Leonid Nevzline participait activement à la vie publique en Russie, comme membre du Conseil de la Fédération russe (élu en 2001) et président du Congrès juif.”

“Devenu en 2003 citoyen israélien, Leonid Nevzline coordonne ses activités avec d’autres oligarques russes en exil. Parmi eux : ses amis actionnaires de Ioukos, Vladimir Doubov et Mikhaïl Broudno, qui vivent à Tel-Aviv ; l’ancien magnat de groupe médiatique russe, Vladimir Goussinski, ainsi que Boris Berezovski, qui a obtenu le statut de réfugié politique à Londres, et un proche associé de ce dernier, l’homme d’affaires Badri Patarkatsichvili, réfugié en Géorgie. Tous ces millionnaires recherchés par la justice russe sont d’origine juive, ce qui fait dire à Leonid Nevzline, qui se revendique “sioniste et russophile” , que la politique du Kremlin serait animée de forts relents d’antisémitisme. “Poutine n’a pas d’amis en Israël” , insiste-t-il.”

Natalie

les attentats israeliens

Tandis que le gouvernement Israélien transforme virtuellement la Bande de Gaza et la Cisjordanie en camp de prison, il y a une partie de la communauté Palestinienne qui semble jouir sans encombre de la liberté de mouvement et de la cécité des gardiens de camp Israéliens : « Les kamikazes »

Aujourd'hui, l'une de ces bêtes rares est soi-disant parvenue à faire tout le chemin jusqu'à l'extrême-sud d'Israël, à la ville balnéaire de la Mer Rouge , Eilat.

A 9h45 ce matin ( heure d'Eilat) on apprenait qu'un « kamikaze » Palestinien faisait sauter ses explosifs dans une petite boulangerie, tuant 3 personnes et lui-même. Comme avec chaque « attentat suicide » attribués aux Palestiniens depuis les 6 dernières années, nous sommes forcés de nous fier aux déclarations des forces de sécurité Israélienne, qu'en effet, chaque attentat était une attaque suicide. De telles déclarations sont presque toujours faites moins de quelques minutes après l'évènement, se propageant par la suite comme un virus dans toutes les agences de presse du monde, à tel point que lorsque le public mondial à vent des nouvelles, c'est déjà une affaire classée. Toutefois, il y a tout intérêt à regarder les détails de ces présumés attentats-suicide, car lorsque nous le faisons, des problèmes avec l'histoire surviennent invariablement, sans compter les questions gênantes. ...


Dans ce cas-ci, le premier problème de cette nature est au sujet des commanditaires de l'attaque. A nouveau, comme dans le cas de nombreux attentats précédents, savoir exactement qui est responsable n'est vraiment pas clair.

En premier lieu nous lisons :

Trois morts dans une attaque suicide dans une station balnéaire Israélienne

Une attaque suicide mortelle a frappé la ville Israélienne de Eilat, au bord de la Mer Rouge. Au moins trois personnes ont été tuées dans un attentat à l'intérieur d'une boulangerie. C'est la première attaque suicide en Israël depuis le mois d'Avril, et le tout premier à Eilat, une station touristique à la mode. Des groupes Palestiniens militants en ont immédiatement revendiqué la responsabilité.

Ensuite Reuters nous informe :

Trois groupes Palestiniens militants revendiquent la responsabilité d'un attentat suicide qui a tué trois personnes à la station balnéaire Israélienne de Eilat, au bord de la Mer Rouge. Le Jihad Islamique, les Brigades des Martyrs d' Al-Aqsa – une partie de la faction du Fatah du Président Mahmoud Abbas – et le groupe encore inconnu de l'« Armée des Croyants », ont dit chacun avoir executé l'attaque, le premier attentat Palestinien depuis Avril.

Mais ensuite :

Les Brigades des Martyrs d' Al-Aqsa et un groupe encore inconnu se présentant comme l ' « Armée des Croyants », disent avoir exécuté l'attaque. Et un porte-parole du Jihad Islamique, Khader Habib , a fait ce commentaire : « Nous n'avons aucune information que notre mouvement soit responsable mais de toute façon, cela fait partie de nos droits de résister à l'occupation. C'est une réaction normale contre les actes de l'occupant Israélien contre notre peuple qui n'ont jamais cessés. » a-t-il dit.

Et :

Un porte-parole du Fatah Ahmad Abdul Rahman a condamné la violence, disant « Nous sommes contre toute opération qui aurait pour cible des civils Israélien ou Palestiniens ».

Alors, si le leader du Fatah et le porte-parole du Jihad Islamique, l'aile militante du Fatah qui est censée avoir perpétré l'attaque, si les deux disent chacun ne rien savoir à propos de l'attaque ou bien sont absolument contre de telles attaques, qui, au nom du ciel, a commis celle-ci ? En plus de cela, qui pense-t-il représenter en commettant de tels attentats? L'ensemble du peuple Palestinien ne donne son soutien qu'à un ou deux groupes seulement, soit le Fatah soit le Hamas, alors il semble que quel que soit celui qui ait commis l'attaque d'aujourd'hui est soit inconnu , soit n'est pas affilié à l'un d'eux !

Ceci nous conduit donc au 3e candidat potentiel, le mystérieux ( et ambigü dans les attaques Islamistes de terreur) « groupe encore inconnu ». Rappellez-vous que les attentas de Londres furent à l'origine revendiqués par le comiquement dénommé « Groupe Secret d'Al-Quaida en Europe », également un « groupe inconnu jusque là » . En fait ces « groupes encore inconnus » se sont vivement manifestés en de nombreuses occasions pour revendiquer leur responsabilité dans des attaques auquel aucun groupe arabe intelligent qui se respecte ne voudrait se voir associé.

Par exemple :

L'attentat du train de Madrid a été revendiqué par le « groupe encore inconnu » « Les lions d'al Mufridoon ».

Le meutre de Rafik Hariri a été revendiqué par le « groupe encore inconnu » « Le Groupe pour la Victoire et la Guerre Sainte au Levant ».

Ensuite le meutre du journaliste Libanais anti-syrien et politicien Gibran Tueni en Décembre 2005 par le « groupe encore inconnu » « Les Combattants pour l'Unité et la Liberté du Levant »

Dans les territoires Palestiniens occupés dont nous avons parlé, le « groupe encore inconnu » « l'Armée de l'Islam » qui revendiquait la responsabilité pour l'incroyable-littéralement- enlèvement du Caporal Shalit l'été dernier, un événement qui fut utilisé par Israël pour justifier une autre série de massacre de Palestiniens.

Ensuite il y a eu le « groupe encore inconnu » « Les Brigades du Saint Jihad », qui enlevèrent deux journalistes de Fox News à Gaza et fit la demande incongrue de relacher tous les musulmans emprisonnés par les USA.

Sans oublier le « Groupe encore inconnu » « Les Lions du Monothéisme » qui revendiquèrent la responsabilité pour l'attaque de deux églises la nuit d'un vendredi dans la ville Cisjordanienne de Nablus en Septembre 2006.

Sans mentionner le « groupe encore inconnu » « Les Justes Epées de l'Islam » qui demandait des crédits pour avoir jeté de l'acide sur le visage d'une femme habillée « de façon impudique » dans la ville de Gaza. Un joli morceau du travail de Relation Publique pour les Palestiniens, en effet.

Même en Iran, un « groupe encore inconnu » appelé « Mouvement Arabe de Lutte pour la Libération d'Ahvaz » revendique la responsabilité de l'attentat qui tua 8 Iraniens en 2005.

Pour ne citer qu'eux.

Que peuvent avoir toutes ces attaques en commun ? Elles diabolisent les Arabes comme étant des tueurs fous. Quel agenda général servent-elles? Celui d'Israël.

Bien sûr cela rappelle le fait que ceux affirmant être membres du Jihad Islamique revendiquaient la responsabilité de l'attentat – zut alors! - ils sont même descendus dans les rues en montrant une photo du kamikaze :

Islamique quoi ?

La question qui doit être posée ici , c'est : quand un terroriste Palestinien n'est-il pas un terroriste Palestinien ? Réponse : lorsque c'est un « mista »:

Le contrôle d'Israël et son retrait de Cisjordanie et de la Bande de Gaza, ses tentatives continuelles d'écraser à tous prix la résistance Palestinienne à l'occupation, compte lourdement sur le service de renseignement rassemblé par le Shabak (note : service de contre-espionnage Israélien) qui ressemble les 5 000 employés du Service de Sécurité Intérieur Général d'Israël , dont la devise est « Le Défenseur qui ne doit être vu ».

Avec un cadre d'informateurs Israéliens bien entraînés, parlant l'Arabe et qui sont physiquement non-distinguables de la population Palestinienne, le Shabak a peu de problème pour rassembler des informations sur un peuple dont chaque mouvement est régulé par des centaines de points de contrôle et un contrôle Israelien total à ses frontières. Ces infiltrés exploitent la gentillesse et l'amitié innée des Arabes. Les Palestiniens les appellent les « musta'ribeen » c'est à dire « ceux qui ressemblent à des Arabes ». Les Palestiniens ne sont pas surpris quand quelqu'un, quelque part , s'approche d'eux et leur dit : « Je vous ai eus ! ».

Pas plus ne sont-ils surpris quand ils entendent que leur frère est parti avec un « groupe encore inconnu » pour devenir martyr.

Venant à cet instant précis, l'attaque d'aujourd'hui peut aussi être clairement liée à certaines concessions qu'Israël a faites récemment aux Palestiniens (et qui ne seront pas révoquées):

Pendant ce temps l'Association Almagor pour l'Aide aux Victimes du Terrorisme a diffusé une déclaration appellant Olmert à annuler la promesse faite à l'Egypte de relâcher les terroristes qui ont été attrapés à infiltrer Israël avec des armes, et cesser toutes négociations sur la libération des terroristes.

Le membre de l'aile droite de la Knesset Arieh Eldad a dit qu'il espérait que l'attaque « apporterait de nouveau la santé mentale à tous ceux qui appelle à négocier avec le Hamas et consolider [ le Président Palestinien Mahmoud] Abbas ».

Et bien sûr, le sanguinaire Ministre de la défense Israélien Amir Peretz n'a pas perdu de temps à aiguiser son épée :

Les dirigeants Israéliens ont dit que l'attentat avait mis en péril la trêve de deux mois à Gaza.

Le Ministre de la Défense, Amir Peretz, a convoqué une réunion d'urgence des responsables de la haute sécurité. « Ceci est un grave incident, c'est une escalade et nous allons la traiter comme telle » a dit Peretz .

Et bavant sur la perspective de « faire pleuvoir la mort » encore davantage sur le peuple assiégé de la Bande de Gaza :

« J'ai parlé avec le premier Ministre et nous avons décidé d'agir immédiatement » dit Peretz. « Il y a plusieurs hypothèses? Il est clair que celui qui a commis l'attentat est probablement un résident de la Bande de Gaza. Un avis sera retenu dans une heure. »

Toutefois le plus important de tout est le fait que l'explosion de Eilat s'est produit 4 jours avant que le soi-disant Quartette des médiateurs du Moyen-Orient se rencontre à Washington comme une partie de la tentative de reprendre les pourparlers de paix Israélo-Palestiniens. Simple coïncidence?

Le résultat de l'attentat d'aujourd'hui est donc clair – une autre opportunité pour les politiques Israéliens de pointer du doigt les Palestiniens comme étant les agresseurs et eux-mêmes, comme les défenseurs, pendant qu'ils continuent leur boucherie de civils Palestiniens – mais qu'en est-il des détails de l'attaque elle-même :

Commencons d'abord avec le(s) prétendu(s) itinéraire(s) du poseur de bombe ; malheureusement c'est loin d'être clair, ou logique.

Selon la police Israélienne, le poseur de bombe est entré en Egypte depuis Gaza et a ensuite continué son chemin à travers la péninsule du Sinaï jusqu'à la poreuse frontière Egypto-Israélienne au nord de Eilat, où il fit un bout de chemin avec automobiliste Israélien qui le conduisit en ville.

Cependant , un porte-parole du Jihad islamique refuse de dire comment le poseur de bombe a quitté Gaza ( parce qu'il n'en a aucune idée car comme indiqué précedemment un autre porte-parole du Jihad Islamique a dit « Nous n'avons aucune information indiquant que notre mouvement soit responsable ») quoiqu'il ait insisté que ce n'était pas à travers le passage souvent fermé de Rafah vers l'Egypte – l'unique point de passage pour les habitants de Gaza vers le monde extérieur. Cela aurait un sens car il est impossible pour AUCUN Palestinien de sortir de Gaza sans un permis et sans que les Israéliens le sachent. Pensez aux Nazis Allemands « Papiers, s'il vous plaît: ». Par ailleurs l'IDF ( Force de Défense Israélienne) a déclaré avoir significativement renforcé la sécurité le long de la frontière Israélo-Egyptienne, obligeant même l'IDF à considérer la possibilité que le prétendu poseur de bombe ait quitté Gaza avec la permission d'Israël.

Au même moment, un autre membre du Jihad Islamique qui disait au début que le poseur de bombe venait de Cisjordanie, déclare un peu trop tard qu'il avait traversé Israël depuis la Jordanie voisine. En réponse à cela, les Jordaniens affirmaient que les « vérifications dans toutes les institutions gouvernementales relatives à ce cas, aussi bien que dans tous les points de contrôle de frontière, révèlent qu'il n'est jamais entré et resté en Jordanie ».

L'armée Israélienne n'a toutefois pas exclu la possibilité que le prétendu poseur de bombe avait infiltré Israël en creusant un tunnel sous la frontière de Gaza avec l'Egypte un peu comme les militants « Palestiniens » qui mirent en scène le très osé ( et impossible) raid contre le poste avancé Israélien l'été dernier, quand le Caporal Shalit fut capturé. ( pour les non-initiés, c'était une attaque mise en scène par des agents Israéliens). Il y a une très bonne raison pour les Israéliens de mettre en avant la théorie de la traversée de Gaza. S'il se trouve que le « poseur de bombe » est sorti à travers le passage de Rafah, un délicat accord américain implicant les forces de sécurité Palestiniennes et les observateurs Européens pourrait être en péril. Pour sûr! Si le prétendu poseur de bombe a pu sortir de Gaza, alors cela voudrait dire que le « terroriste Palestinien » doit être de mêche avec les observateurs Européens des passages de la frontière! Vous voyez! Ils sont tous ensemble dans ce coup! Anti-sémites pour la plupart d'entre eux! Malheureusement, les Egyptiens ont gâché la partie quand un porte-parole déclara qu' « il n'y a aucun moyen pour que le poseur de bombe ou des explosifs soient venus à travers la péninsule du Sinaï »

Mais juste pour le plaisir, admettons les déclarations de l'armée Israélienne et supposons que le poseur de bombe soit d'une façon ou d'une autre parvenu à creuser un tunnel sous le sable de Gaza jusqu'à l'Egypte; nous devons ensuite expliquer comment il est parvenu à traverser les 150 miles (= environ 94 km) au sud et à travers le désert du Sinaï jusqu'à Eilat. Comme vous pouvez l'imaginer , la sécurité dans le Sinaï est très élevée et le voyageur lambda est obligé de passer par une douzaine de points de contrôle – aussi bien Egyptiens que des Nations Unies. Seules quelques routes traversent le désert, et les résidents locaux utilisent tous soit de gros 4X4 soit le traditionnel dromadaire, comme moyens de transport. Alors est-ce bien cela que nous cherchons?

"Suicidaire Palestinien" se promène vers le Jihad

Allons un peu plus loin. Une fois que notre soi-disant poseur de bombe fut proche de Eilat, il décida d'essayer de faire du stop, fatigué qu'il était de son long périple en dromadaire. OK, maintenant préparez-vous : devinez qui arriva à ce moment-là pour s'arrêter et le prendre en stop?

Un résident de Eilat Yossi Woltinski, un Lieutenant-Colonel des réserves de l'IDF, rapporta lundi avoir pris en stop le terroriste qui a commis l'attentat de la boulangerie lundi matin. Woltinski était sur le chemin de son travail quand il fit monter le terroriste qui faisait du stop pour le centre-ville de Eilat.

Woltinski dit qu'il devint rapidement suspicieux envers le jeune homme, qui portait un manteau rouge et ne parlait pas. Après avoir délibérement conduit jusqu'à une zone peu peuplée, Woltinski dit que l'homme descendit de voiture. Ensuite il appella la police et donna une description précise de l'homme.

Quelles sont les chances?

Sur ce point, des détails sont plutôt vagues :

Des témoins dirent que le kamikaze se remarquait car il portait un long manteau d'hiver par une journée chaude et ensoleillée, quand il frappa la petite boulangerie dans un quartier résidentiel. La police a dit que la bombe était dans un sac qu'il portait, plutôt que dans une ceinture d'explosifs comme souvent utilisées dans les attaques suicides précédentes.

« Je me suis dit « Qu'est-ce que c'est que cet idiot habillé comme ça ?» quelques secondes plus tard j'ai entendu une expolsion massive » raconta Benny Mazgini , 45 ans, sur Radio Israël.

Avec la mention que le suspect se remarquait car il portait un lourd manteau par une chaude journée, nous nous somme immédiatement rappelé l'assassinat par la police Britannique du Brésilien Jean Charles De Menezes en 2005, dans le métro de Londres. La police Britannique avait justifié le meutre ordonné par l'Etat ( par 7 balles dans la tête à bout portant) en déclarant que De Menezes portait un épais pardessus, par un jour d'été, preuve en ce qui concerne la police Britannique d'un « kamikaze potentiel ». Le seul problème était que De Menezes portait en fait une chemise en denim légère.

Apparemment ce que Mazgini a vu était l'homme se dirigeant vers la boulangerie et quelques secondes plus tard ( quand il était censé être dans la boulangerie quoique Mazgini n'a pas décalaré l'avoir vu marcher dans la boulangerie) il entendit une explosion :

Les résidents du voisinage ont rapporté une violente explosion qui a secoué les vitres des immeubles à proximité. Plusieurs ont rapportés avoir vu de la fumée monter de la zone de l'attaque.

Initiallement , la police croyait que l'explosion était causée par une fuite de gaz. Ce fut seulement plus tard qu'ils décidèrent que c'était un « attentat suicide ».

Ce qui est intéressant , c'est que le seul témoin cité par la presse était le sus-mentionné Benny Mazgini. Il se trouve que Mazgini est une sorte de personnage publique dans la région de Eilat, et peut-être au-délà, un membre ( en Décembre 2004) du Comité Central du parti du Likoud de Benjamin Netanyahu (et qui sait quoi d'autre).

Mazgini est-il un témoin crédible? Pourquoi le poseur de bombe portait un épais manteau quand la police Israélienne a dit plus tard qu'il ne portait pas de ceinture d'explosifs ( annulant ainsi le besoin de porter un pardessus épais pous la couvrir) mais portait en fait la bombe dans un sac. Il y a aussi le problème de la séquence vidéo qui est supposée montrer les derniers instants du kamikaze. La séquence prise à partir d'une caméra de contrôle dans un magasin voisin montre un homme marchant dans la rue portant ce que Ynet News appelle un maillot rouge, pas un manteau épais.

Comme avec tous les autres supposés kamikazes « Palestiniens » les contradictions et les incohérences abondent.

Ce qui est clair c'est que dans le but d'affirmer que c'était le travail d'un kamikaze , nous devons nous dispenser de tout jugement critique et penser en termes de « noir » et « blanc ». Palestiniens = agresseurs , Israéliens = gardiens et défenseurs de la paix. On nous demande de croire, sans poser de question, les déclarations des Forces de Sécurité Israélienne, des organisations fondées sur les « principes » de tromperie et de subterfuge.

Ce qui est hors de doute, c'est qu'il pourrait être très facile pour le renseignement Israélien de mettre en scène un faux attentat suicide. Une bombe pourrait être dissimulée dans l'endroit choisi, et lorsque les « dupes» choisis entrent ou approchent, la bombe est déclenchée, avec les forces de sécurité Israéliennes arrivant rapidement sur place pour annoncer la cause et régler les derniers détails.

Ce que le public mondial doit décider, c'est si une partie du gouvernement Israélien possède la volonté politique de porter de telles attaques. Au fond est-ce que nos leaders politiques voudraient « faire ça ». pour répondre à cette question, tout ce qui est requis est la lecture des détails des tactiques de contre-insurrection des états occidentaux des 50 dernières années. Ceux qui font cela, même les plus sceptiques, trouvent invariablement impossible de nier LE FAIT que les gouvernements occidentaux ont, en maintes occasions, et dans certains cas comme une question de poltique courante, sacrifiés les vies d'innocents civils dans le but de poursuivre des fins politiques.

Un nombre important de personnes sont maintenant suffisamment programmées pour croire que les « terroristes Plasetiniens » espèrent détruire Israël, mais sont réticents à constater qu'Israël n'aurait jamais atteind sa position dominante actuelle dans le moyan-Orient sans une menace terroriste habituelle contre son existence.

En bref, Israël a besoin du terrorisme.

Le problème bien sûr est qu'une guerre réelle avec une menace réelle est indésirable à cause de l'imprévisibilité de l'issue. Donc, dans le cas d'Israël, quand il a complètement détruit la vraie menace, une menace intérieure plus gérable et prévisible doit être maintenue. Le governement Israélien, avec son contrôle total non seulement du peuple Palestinien mais aussi du peuple Israélien, a tous les moyens de mettre en scène/diriger la « menace terroriste Palestinienne contre son existence »qui-n'existe-plus, et il le fait avec une grande compétence, dont la moindre n'est pas à cause du contrôle significatif exercé sur les médias principaux. Vous rappellez-vous cela?

La censure Israélienne exerce un grand pouvoir

Jeudi 20 Juillet 2006
Associated Press Writer

JERUSALEM – Voici quelques nouvelles que vous ne devez jamais entendre sur la guerre d'Israël contre le Hezbollah :un missile tombe dans la mer, une installation militaire stratégique est touchée, un ministre du Cabinet envisage de visiter les lignes du Front.

Tous les sujets sont matière à être passé au crible par le censeur militaire en chef d'Israël, qui a , selon ses propres termes, « un pouvoir extraordinaire ». Elle peut faire taire un présentateur, bloquer l'information et mettre les journalistes en prison.

« Je peux par exemple, publier un ordre comme quoi aucun matériel ne peut être publié. Je peux interdire un journal, ou arrêter une station [de radio/TV] . Je peux presque tout faire. » Colonel Sima Vaknin, dite Mercredi.

Les 6 dernières années, environ 500 citoyens Israéliens ont été tués dans environ 130 « attentats suicide Palestiniens ». C'est à chacun de décider combien de ces supposés attentats suicide ont effectivement été commis par de vrais poseurs de bombe Palestiniens.

Je suggère aucun.



source

Le 7 Juillet 2008, un juif talmudiste tire sur un palestinien menotté.

Il faut regarder la barbarie de ces talmudistes; Regardez comment ils pratiquent l'épuration ethnique et raciste selon leur talmud. cette victime faisait une manifestation pacifiste avec des internationaux et des palestiniens. Pris par les talmudistes, il a été exécuté les mains attaché. ceux ne sont pas des êtres humains.

..

Quand les terroristes talmudiques sont repoussés par le monde.

Selon sondage US, 71 % des Américains refusent de prendre partie d’un coté ou d’un autre concernant le conflit en Palestine. La majorité des US favorise une approche équitable du conflit. Ils refusent donc toutes ces lèches de leurs prétendants a la présidence auprès du puissant AIPAC.

Ce qui exprime bien un décalage entre les deux candidats et la population américaine. Alors pourquoi les candidats se bousculent dans les estrade de l’AIPAC pour encenser les juifs sionistes ? ne serait ce pas le financement ?...

Ils ont bien raison.

Alors que le Hamas a arrêté deux membres du FATAH qui avaient lancé des missiles Qassam contre la ville volée en 1951 de sderot. Les israélites ont bloqué la ville de Ni'lin. Rien ne rentre ni médecin, ni médicaments, ni nourriture. Les manifestations de Naplouse sont repoussées avec une telle barbarie, même les israéliens pacifiques et les internationaux ont été blessé par les miliciens israélites.

Ces gens ne veulent pas la paix. Ils veulent voler encore plus de terre.

D’ailleurs, le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, en visite à Tunisie, a appelé jeudi au gel et à l’arrêt définitif des colonies juives en vue de réunir les conditions de la paix dans la région du Moyen-Orient.

Dans une conférence de presse organisée jeudi, à la fin de sa visite en Tunisie, M. Moratinos a souligné que l’Espagne avait toujours été aux côtés du peuple palestinien et qu’elle s’était toujours engagée pour une paix durable et pour la création d’un Etat palestinien viable.

Il a réitéré, dans le même contexte, la position de l’Espagne, qui est celle de tous les pays membres de l’Union Européenne, à savoir le refus catégorique de toute implantation de colonies israéliennes qui constituent un obstacle et une embûche sur la voie de la paix.


Même la France manifeste un certain agacement.

Le ministère français des Affaires étrangères a condamné jeudi la décision israélienne de lancer un appel d’offre pour la construction de 920 logements dans la colonie de Har Homa, au sud de Jérusalem, et invité les autorités israéliennes à "revoir cette décision".

"Cette décision contribue à affaiblir la crédibilité du processus diplomatique en cours", a déclaré le porte-parole adjoint du ministère français, Frédéric Desagneaux, "la France considèrent que la poursuite de la colonisation est un obstacle à la paix".

Ceci dit, ce ministre français a fait cette déclaration a la veille du 14 juillet. Histoire de faire plaisir aux dictateurs présent sur notre territoire. Nous sommes vraiment gâtés, entre les dictateurs arabes, les terroristes sionistes et les menteurs français, les pouvoirs sont parfaitement tenus.

Afghanistan : les survivants témoignent du bombardement d’une cérémonie de mariage

Un reporter de la BBC a pu se rendre sur les lieux du bombardement américain qui a massacré en trois frappes successives 47 personnes, pour la plupart femmes et enfants, participants à une cérémonie de mariage dans la province de Nangarhar. Les témoignagnes qu’il a recueilli sont accablants.

Alastair Leithead, BBC, 13 juillet 2008

Au sommet d’une colline dans les montagnes de l’est de l’Afghanistan, on voit les trois zones d’impact carbonisées, là où les bombes américaines ont frappé.

Tout autour sont dispersés des morceaux de métal tordu, des taches de sang et de petits fragments de vêtements brodés de couleurs vives - ceux que les épouses afghanes portent lors de leur journée de noces....

Après des heures de route pour parvenir à ce village situé dans une région reculée de la région rebelle des montagnes de Nangarhar, nous avons entendu maintes et maintes fois le récit effroyable de cette terrible journée.

Ce qui avait commencé comme une célébration s’est terminé par la mort de sans doute 52 personnes, en majorité des femmes et des enfants, et d’autres victimes grièvement blessées.

Les forces américaines ont déclaré avoir ciblé les insurgés dans cette frappe aérienne. Mais d’après ce que j’ai vu de mes propres yeux et entendu de nombreuses personnes éplorées, aucun militant ne figure parmi les morts.

Bombardement d’enfants

Une grande cérémonie se tenait à l’occasion d’un double mariage entre deux familles, chacune d’entre elles échangeant une épouse et un mari.

Ainsi, le fils et la fille de Lal Zareen devaient se marier le même jour.

Il nous a fait le récit de cette journée avec son fils, de 13 ans, le jeune marié, assis à ses pieds.

« C’est toute la famille qui me reste », déclare-t-il sur le ton étrange d’un constat.

De son récit et de ceux d’autres survivants, il ressort que le groupe des participants au mariage traversait un passage étroit dans les montagnes séparant les vallées où vivent les deux familles.

Surgi de nulle part, un jet volant bas a largué une bombe directement sur le sommet de la passe à proximité d’un groupe d’enfants qui s’étaient porté en avant et se reposaient, en attentant que les femmes rattrapent leur retard.

(JPG)

Lal Zareen attendait avec impatience l’arrivée de ses invités lorsqu’il a entendu l’explosion et a commencé à gravir la piste escarpée menant à la passe.

Zareen Shah faisait partie du groupe se trouvant sur le chemin - il avait échappé de justesse à la première bombe et a dit aux femmes de rester là où elles étaient tout en se précipitant pour venir en aide aux enfants.

Deuxième explosion

Shah Zareen a ramassé l’un des blessés, couru vers le bas au village et sur le chemin il a appelé un membre local du Parlement sur un téléphone portable pour dire qu’ils avaient été attaqués.

Mais il a alors entendu une deuxième explosion - une bombe avait été larguée sur le groupe de femmes et la quasi-totalité d’entre elles ont été tuées.

Trois jeunes filles en avaient réchappé, dont l’épouse, mais alors qu’elles dévalaient la colline une troisième bombe a explosé sur elles.

Shah Zareen m’a expliqué que l’une des nombreuses nouvelles tombes creusées n’avait recueilli que les parties du corps de deux ou trois personnes et que les tombes non utilisées étaient destinées à ceux qui étaient encore portés disparus - une fois que leurs dépouilles auront été trouvées.

(JPG) Les membres de l’équipe de la BBC étaient les premiers étrangers à observer les lieux d’impact des bombes - même les enquêteurs afghans n’avaient pas escaladé ces montagnes escarpées - et il y avait de nombreuses preuves à l’appui de ces récits.

Le fait nous ayons pu nous rendre dans cette région dans des véhicules locaux prouve que les insurgés talibans, membre d’Al-Qaida ou combattants étrangers n’étaient pas présents dans la vallée.

Les gens nous ont dit qu’ils n’avaient pas vu les militants, mais ont admis il pourrait y avoir eu des personnes franchissant la passe au sommet de la crête voisine qui conduit à Tora Bora, région connue pour ses insurgés.

Des erreurs coûteuses

L’armée américaine affirme qu’elle enquête sur l’incident et il apparaît qu’elle pourrait détenir un enregistrement vidéo réalisé quelques heures plus tôt montrant des insurgés se déplaçant à proximité.

Mais il semble évident qu’une énorme erreur a été commise le 6 Juillet. Un communiqué US au sujet de ce bombardement indique que : « toute perte de vie innocente est tragique ».

« Je vous assure que nous ne ciblons pas de civils et que nos forces font de grands efforts pour éviter des victimes civiles », a déclaré le lieutenant Nathan Perry.

Les États-Unis n’affirme plus désormais que les morts étaient des insurgés, comme ils l’avaient fait durant les deux jours qui ont suivi le bombardement, mais il pourrait s’écouler un certain temps avant que l’enquête ne se termine.

Ces victimes civiles ne sont pas une première pour la province de Nangarhar - l’année dernière un convoi de Marines américains avait été visé par un attentat à la bombe et dans la confusion, les soldats avaient ouvert le feu dans un marché local, tuant 19 personnes.

Ces hommes ont été renvoyés chez eux et leurs officiers inculpés, mais une décision ultérieure les a dégagé de toute responsabilité pour ces morts.

Mirwais Yasini, un élu de la région qui est le vice-président du parlement Afghan, souligne que le nombre de victimes civiles élargit le fossé entre le peuple et le gouvernement et les forces internationales.

Durant un autre service commémoratif se tenant dans ces montagnes, Zareen Lal m’a confié : « Je veux que le Président Karzai s’assure que les personnes responsables de cela aient à répondre devant la justice. »

Cela dépendra des conclusions de l’armée américaine et des décisions du gouvernement afghan.

Ces erreurs sont incroyablement coûteuses dans une campagne anti-insurrectionnelle qui consiste à rallier les populations, et non pas à les retourner contre les autorités.

Je me demande combien de nouveaux ennemis vont se dresser à Nangarhar, à la suite de cette dernière effusion de sang ?

Publication originale BBC, traduction ContreInfo


Les otages de l'Occident

Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne
Otage de Bush pendant six ans et demi à Guantanamo

par Silvia Cattori

Droit, impressionnant, dégageant le sentiment d’une intense intériorité, Sami El Haj, s’avance en claudiquant, appuyé sur une canne. Ni rires ni sourires n’animent plus le fin visage de cet homme, usé avant l’âge. Une profonde tristesse l’habite. Il avait 32 ans quand, en décembre 2001, sa vie, comme celle de dizaines de milliers d’autres personnes de confession musulmane, a basculé dans l’horreur.

Il a énormément souffert. Affaibli par une grève de la faim qui a duré 438 jours, libéré le 1er mai 2008, il vous accueille avec attention, avec douceur. Il vous parle, sans insister, d’un univers dont l’horreur vous dépasse, vous tétanise, vous suffoque.

C’est le premier rescapé des camps, construits par l’administration Bush sur la base navale de Guantánamo Bay, à être autorisé à voyager.

« Je suis venu à Genève, dans la ville de l’ONU et des libertés, [1] pour demander que l’on fasse respecter le droit, exiger la fermeture du camp de Guantanamo et des prisons secrètes, et en finir avec cette situation illégale » dit-il calmement. Le mot est lâché. Tout est « illégal » ; tout est faux, manipulé, absurde, kafkaïen, dans cette guerre, dirigée essentiellement contre des gens de religion musulmane.

Nous savons, aujourd’hui, bien des choses ; notamment, que nombre d’attentats que l’on a attribués aux musulmans depuis 1996, ont été financés et manipulés par les agents secrets du MI 6, de la CIA, du Mossad. Ce sont des témoins courageux, comme l’ancien ministre allemand Andreas Von Bülow [2], qui ont notamment découvert et dénoncé ce genre d’activités criminelles, pratiquées par les grandes puissances. Hormis dans les nouveaux médias, quel journaliste nous a jamais parlé des révélations faites par ce grand monsieur qu’est Andreas Von Bülow ?...

À Guantanamo, soutenu par sa passion de la justice, par sa conviction que tout journaliste a pour mission de témoigner de ce qu’il voit, Sami El Haj a eu la force psychique de tenir, de résister aux pires abus, mettant ses propres souffrances de côté. Il a connu des sentiments de grande douleur mais il a su, aux pires moments, garder l’espoir qu’il sortirait de là vivant. Et, de se dire qu’il devait tout observer, qu’il pourrait demain témoigner, cela l’a aidé à supporter l’indicible.

C’est, du reste, par le regard du journaliste observant avec recul cet univers effrayant, voulu par M. Bush, et qui aurait pu être sa tombe, que Sami El Haj a pu survivre et garder sa raison. D’autres, qui ont eu moins de chance que lui, sont morts ou sont devenus déments ; donc incapables de transmettre leur témoignage.

Sans crayon ni papier, Sami El Haj s’est efforcé de tout mémoriser pour continuer, même en cage, son travail de « journaliste d’Al-Jazira en reportage », comme il dit.

Il est, aujourd’hui, habité par l’idée d’attirer l’attention du monde sur ces dizaines de milliers de prisonniers qui continuent, dans les geôles de Guantanamo, Bagram, Kandahar, à subir un traitement inhumain. Il répond inlassablement, et avec gentillesse, à tous les journalistes qui l’interrogent, en espérant que sa parole pourra faire entendre la voix de ceux qui n’en ont plus.

Son compte rendu est essentiel. A l’instar de tous les autres captifs, abusivement qualifiés, comme lui de « terroristes », Sami El Haj n’a jamais été jugé et il n’a jamais su de quoi on l’accusait. Ce qui démontre que, les « terroristes islamistes », M. Bush, et les journalistes qui ont appuyé sa thèse, ont dû les fabriquer. Des êtres comme Sami El Haj n’auraient jamais pu se faire arrêter, ni rester si longtemps otages de cette barbarie, parce que musulmans, sans la complicité des gouvernements européens et de ces propagandistes islamophobes asservis à Tel Aviv et Washington qui, depuis des décennies, désinforment l’opinion et influencent les élites, sur la base de mensonges.

Silvia Cattori : Comment vous sentez-vous, quelques semaines à peine après votre libération ?

Sami El Haj : Je me sens bien, merci. Quand je vois que des gens s’engagent pour sauver des êtres humains et luttent pour la défense de leurs droits, cela me conforte. Bien sûr, à ma sortie de Guantanamo, il y a deux mois, je n’allais pas bien du tout. Mais, maintenant, je me sens mieux, en découvrant que les gens, au-dehors, luttent, et n’oublient pas l’objectif principal : obtenir la paix et la liberté pour tout le monde.

Silvia Cattori : Après ces années douloureuses, passées dans des camps, quels sont vos sentiments et vos vœux les plus chers ?

Sami El Haj : Bien évidemment, je me sens heureux d’avoir retrouvé ma liberté. J’ai retrouvé ma famille, mon épouse et mon fils. Durant six années et demie, il ne m’a pas vu, il a dû aller à l’école sans moi. Il m’a attendu et m’a dit : « Papa, tu m’as manqué si longtemps ! J’ai souffert, surtout quand je voyais mes camarades à l’école, accompagnés par leur père, qui me demandaient : Où est ton père ? Je n’avais pas de réponse à leur donner. C’est pourquoi j’ai demandé à maman de me conduire à l’école en voiture, parce que je ne voulais pas qu’ils me posent toujours cette question ».

J’ai dit à mon fils : « Maintenant, je suis en mesure de t’amener à l’école, mais tu dois comprendre que j’ai un message à apporter, une cause juste à défendre. Je veux lutter pour la cause des droits de l’homme, pour les gens que l’on a privés de leur liberté. Je ne vais pas lutter seul. Il y a des milliers de gens qui s’engagent partout où l’on porte atteinte à la dignité des humains. N’oublie pas que nous luttons pour la paix, pour défendre les droits là où ils sont bafoués, pour un meilleur avenir pour toi. Peut-être que nous y arriverons un jour et, alors, je vais pouvoir rester à tes côtés et t’amener à l’école ».

Je ne sais pas s’il a compris, parce qu’il est encore petit, mais il m’a souri. Mon épouse, elle non plus, ne souhaitait pas que je reparte. Mais, quand je lui ai rappelé dans quelle situation douloureuse se trouvent les gens enfermés à Guantanamo, qui ont eux aussi une famille, des fils, des filles, une épouse, qui leur manquent, et que, si je restais sans lutter, ces gens allaient rester enfermés plus longtemps, elle a compris que je devais continuer de voyager, d’ajouter ma voix à toutes les autres voix, pour que les détenus puissent rentrer chez eux le plus rapidement possible. Elle m’a accordé son plein soutien. En m’accompagnant à l’aéroport, elle m’a dit : Je vais prier pour toi.

Silvia Cattori : Ainsi, en allant en Afghanistan pour filmer les massacres de civils, victimes de la guerre de M. Bush, vous êtes devenu, vous-même, une de ses victimes ? N’avez-vous pas peur de ce qui peut encore vous arriver ?

Sami El Haj : Pour moi, il n’y a aucun doute, je vais continuer mon travail de journaliste. Je dois continuer de porter un message de paix, quoi qu’il en soit. En ce qui me concerne, j’ai passé six années et six mois en prison, loin de ma famille ; mais, pour d’autres, cela a été bien plus terrible. J’ai perdu un ami très cher, journaliste à Al-Jazira : il est mort à Bagdad, tué lors du bombardement de l’hôtel où il se trouvait. J’ai également perdu une collègue qui travaillait avec moi à Al-Jazira, que je considère comme une sœur : morte, elle aussi, à Bagdad.

Beaucoup de gens ont perdu leur vie à cause de cette guerre. Vous devez savoir que l’administration Bush a voulu empêcher la couverture des médias libres, comme Al-Jazira, au Moyen-Orient. Les bureaux d’Al-Jazira, à Kaboul et Bagdad, ont été bombardés.

En 2001, quand j’ai laissé mon fils et mon épouse pour aller filmer la guerre déclenchée par les Etats-Unis contre l’Afghanistan, je pouvais m’attendre à trouver la mort dans un bombardement. J’y allais, conscient des risques. Tout journaliste sait qu’il accomplit une mission et doit être prêt à se sacrifier pour témoigner de ce qu’il se passe, par ses films et ses écrits. Et pour aider les gens à comprendre que la guerre n’apporte rien d’autre que la mort d’innocents, destruction et souffrances. C’est sur la base de cette conviction que mes collègues et moi sommes allés dans des pays en guerre.

Maintenant, après toutes ces années de captivité, je peux à nouveau faire quelque chose en faveur de la paix. Je vais m’engager dans ce sens, pour la paix du monde, jusqu’à ce qu’on y arrive. Je suis sûr qu’un jour, même si ce n’est pas moi qui en récolterai les fruits, nous finirons par obtenir la paix et le respect des droits humains, ainsi que la protection des journalistes partout dans le monde. Je suis sûr que nous parviendrons à ce que les journalistes ne soient plus torturés ou blessés en faisant leur travail, en défendant les droits des gens à l’information et en montrant les abus contre les humains.

Silvia Cattori : Vous avez dit, d’entrée, que vous vous sentiez bien. Mais, après une si horrible expérience, et alors que vous avez été relâché sans la moindre excuse de la part de vos tortionnaires, comment pouvez-vous évoquer ce passé sans ressentiment ni rancune ?

Sami El Haj : Bien sûr, ce passé est extrêmement dur et ma situation personnelle est difficile. Mais quand je pense à ceux qui sont encore à Guantanamo, à qui leur famille, dont ils n’ont aucune nouvelle, manque, je me dis que ma situation, aussi difficile soit-elle, est meilleure que la leur.

Je ne puis oublier que j’ai laissé à Guantanamo des frères qui sont détruits, qui sont devenus fous. Je pense en particulier à ce médecin yéménite qui vit aujourd’hui tout nu dans sa cellule car il a perdu la raison.

Silvia Cattori : Quel genre de tortures vous faisaient-ils subir ?

Sami El Haj : Toutes sortes de tortures physiques et psychiques. Comme les détenus étaient tous musulmans, l’administration du camp les soumettait à beaucoup de vexations et d’humiliations touchant la religion. J’ai vu de mes propres yeux des soldats déchirer le Coran et le jeter dans les toilettes. Je les ai vus, durant les interrogatoires, s’asseoir sur le Coran aussi longtemps que l’on ne répondait pas aux questions posées. Ils insultaient nos familles, notre religion. Ils faisaient semblant de téléphoner à notre Dieu pour lui demander, en se moquant de nous, de venir nous sauver. L’unique Imam du camp a été accusé de connivence avec les détenus et a été renvoyé, en 2005, pour avoir refusé de dire aux visiteurs que le camp respectait la liberté religieuse.

Ils nous rouaient de coups. Ils nous couvraient d’insultes racistes. Ils nous enfermaient dans des pièces froides, au-dessous de zéro, avec un seul repas froid par jour. Ils nous suspendaient par les mains. Ils nous empêchaient de dormir et, quand on s’assoupissait, ils nous frappaient sur la tête. Ils nous montraient des films illustrant des séances de tortures atroces. Ils nous montraient la photo de torturés décédés, tuméfiés, sanguinolents. Ils nous maintenaient sous la menace de nous transférer ailleurs pour nous torturer encore plus. Ils nous arrosaient d’eau froide. Ils nous forçaient à faire le salut militaire en écoutant l’hymne des Etats-Unis. Ils nous forçaient à porter des vêtements de femmes. Ils nous forçaient à regarder des photos érotiques. Ils nous menaçaient de viol. Ils nous mettaient nus, nous faisaient marcher comme des ânes, en nous demandant d’aller ici et là. Ils nous demandaient de nous asseoir et de nous mettre debout 500 fois de suite. Ils humiliaient les détenus en les enveloppant du drapeau états-unien et israélien ; ce qui était une manière de dire que nous étions enfermés dans le cadre d’une guerre de religion.

Quand, couvert de poux, sale, le détenu est tiré de sa cellule pour être soumis à de nouvelles séances de tortures, pour le conduire à collaborer, il finit par dire n’importe quoi et ne plus savoir qui il est.

J’ai subi plus de 200 interrogatoires sous la torture. 95 % des questions concernaient Al-Jazira. Ils voulaient me faire accepter de travailler comme espion au sein d’Al-Jazira. En échange, ils m’offraient la nationalité états-unienne, pour moi et ma famille, et un salaire en fonction de mes résultats. J’ai refusé. Je leur répétais que mon métier est celui de journaliste, pas celui d’espion, et que j’avais le devoir de faire connaitre la vérité et d’œuvrer pour que les droits de l’homme soient respectés.

Silvia Cattori : Aujourd’hui, êtes-vous à même de pardonner à vos tortionnaires ?

Sami El Haj : Bien sûr que je vais leur pardonner s’ils ferment Guantanamo. Mais s’ils continuent à faire du mal, je vais m’adresser à un tribunal, engager une action contre eux.

Bien que je sache que l’administration de Bush a fait tant de mal, je continue de penser qu’il n’est pas trop tard pour ces gens de corriger leurs erreurs.

Il faut savoir faire la différence entre l’administration et le peuple. Les détenus de Guantanamo savent qu’ils ont des amis aux Etats-Unis, comme cet avocat qui est venu à Guantanamo et qui s’est battu pour mon cas.

Silvia Cattori : On a le sentiment qu’ils n’ont pas réussi à vous briser ?

Sami El Haj : Parce que je ne suis pas seul. Il y a des gens derrière moi ; ce sentiment me donne de la force. En prison, j’ai puisé ma force dans la conviction que tout homme libre ne peut accepter d’être mis dans cette situation d’infériorité et de déshumanisation. On éprouve des sentiments de douleur, de chagrin, mais on s’efforce de garder l’espoir qu’il y aura une sortie ; et l’idée que, même en prison, on peut continuer son travail de journaliste, cela limite la souffrance.

Silvia Cattori : Alors que vous étiez à Guantanamo, saviez-vous qu’il y avait, à l’extérieur, des gens qui se battaient pour vous faire libérer ?

Sami El Haj : En fait, je ne les connaissais pas, parce que, à l’intérieur de la prison, les nouvelles sont très difficiles à obtenir, même si vous avez un avocat parce qu’il lui est interdit de vous informer. Les gens qui travaillent pour les droits de l’homme, et ceux qui n’aiment pas l’administration Bush, aujourd’hui je les connais. Je crois que leur voix est chaque jour plus forte.

Silvia Cattori : Votre frère a dit, en vous revoyant, que vous aviez l’air d’un vieil homme. Est-ce votre sentiment ?

Sami El Haj : En ce qui me concerne, je vis par mon cœur, et non par mon visage ou par mon corps. Je sens mon cœur toujours aussi jeune, et plus fort qu’avant.

Silvia Cattori : Donc, c’était une expérience très douloureuse mais, en fait, vous en ressortez riche d’un potentiel insoupçonné ?

Sami El Haj : C’est exact. Du temps passé à Guantanamo, j’ai su tirer quelque bénéfice. Avant d’aller à Guantanamo, je n’avais qu’une petite famille ; maintenant, j’ai une grande famille, j’ai gagné des centaines d’amis dans le monde entier. Cela est très positif ; j’ai perdu six ans et six mois mais, maintenant, j’ai davantage d’amis.

Silvia Cattori : Etes-vous encore considéré comme un « ennemi combattant » [3] ?

Sami El Haj : Je ne sais pas mais, lorsqu’ils m’ont relâché, ils m’ont dit : Maintenant vous n’êtes plus dangereux pour les Etats-Unis.

Silvia Cattori : Et votre nom ne figure plus sur la « liste terroriste » ?

Sami El Haj : Je ne sais pas. Je pense que, dans leur mentalité, tous ceux qu’ils ont qualifiés de « terroristes » vont rester des « terroristes ». Et que, maintenant, ils ont peur de nous parce qu’ils nous ont fait du mal sans aucune raison.

Silvia Cattori : Pensez-vous que les agents de la CIA vont continuer de vous faire espionner ?

Sami El Haj : Oui. En réalité, je n’ai rien contre ce pays et son peuple. Si l’administration Bush corrige ses fautes, je ne vais me plaindre de rien.

Silvia Cattori : Avez-vous été surpris quand, à votre sortie, un officier du Pentagone, vous voyant avec une canne, vous a accusé d’être un manipulateur ?

Sami El Haj : Les gens du Pentagone prétendent que les prisonniers de Guantanamo sont des malfaiteurs mais, en réalité, 500 d’entre eux sont maintenant rentrés chez eux. Comment aurait-on pu les laisser sortir s’ils étaient réellement des malfaiteurs ? Ils mentent toujours.

Silvia Cattori : Deux autres Soudanais ont été relâchées en même temps que vous, Amir Yacoub Mohamed al Amin et Walid Mohamed. Comment vont-ils maintenant ?

Sami El Haj : Le Gouvernement et l’administration du Soudan les ont très bien traités. Ils nous ont accueillis tous les trois, directement à l’aéroport. Bien que les Etats-Unis m’aient pris mon passeport, ils m’ont donné un nouveau passeport dans les deux heures, et on n’a fait aucune objection à ce que je voyage hors du Soudan.

Silvia Cattori : À Guantanamo, les militaires vous appelaient-ils par votre nom ou par votre matricule de prisonnier : « numéro 345 » ?

Sami El Haj : Ils ne m’appelaient jamais par mon nom, mais « three, four, five », mon numéro matricule. Les derniers temps ils m’appelaient « Al-Jazira ». Seuls les délégués de la Croix-Rouge m’appelaient par mon nom.

Silvia Cattori : Ces délégués vous ont-ils rendu visite souvent ?

Sami El Haj : Lorsqu’ils étaient autorisés à venir nous visiter, tous les deux ou trois mois ; je leur parlais, ils m’apportaient des lettres de ma famille.

Silvia Cattori : L’administration Bush et les officiers chargés de vous torturer savaient que vous étiez un honnête homme, un simple journaliste désireux de faire connaître les brutalités qu’ils commettaient contre le peuple afghan, pas un « terroriste ». Savez-vous pour quelle raison ils vous ont fait tant de mal ?

Sami El Haj : La majorité des soldats, là bas, suivaient les ordres de leurs officiers. Ils torturaient sans aucun état d’âme. Mais je dois à la vérité de dire que certains d’entre eux étaient bons. Certains soldats faisaient usage de leur cervelle.

Silvia Cattori : Les agents de la CIA ont rédigé un rapport sur les tortures à Guantanamo. Quand ils vous torturaient, aviez-vous l’impression qu’ils vous observaient, qu’ils faisaient des expériences sur vous ?

Sami El Haj : Nous étions sous la surveillance constante de médecins psychiatres en uniforme militaire. Ils n’étaient pas là pour soigner, mais pour participer aux interrogatoires, pour observer les torturés de façon à ce qu’aucun détail dans le comportement du prisonnier ne leur échappe. C’est sous la responsabilité du colonel Morgan, médecin spécialisé en psychiatrie, que se faisaient les interrogatoires. Ce colonel a été placé, dès mars 2002, à Guantanamo. Il avait servi dans la prison afghane de Bagram dès novembre 2001. Il donnait des consignes aux officiers qui nous interrogeaient, étudiait nos réactions, notait chaque détail pour, ensuite, adapter les tortures à la personnalité de chaque détenu, ce qui a laissé des traces profondes sur leur psychisme.

J’ai parlé avec eux. Je leur ai dit que la mission de médecin était noble, d’aider les gens, pas de les torturer. Ils m’ont répondu : « Nous sommes des militaires, nous devons suivre les règles ; lorsqu’un officier me donne un ordre, je suis censé l’exécuter, sinon, on me mettra en prison comme vous ; lorsque j’ai signé le contrat avec l’armée, à ce moment-là j’ai compris que je devais obéir à tout ».

Silvia Cattori : Parmi les tortures pratiquées à Guantanamo, je vois des similitudes avec des tortures pratiquées en Israël sur les prisonniers politiques palestiniens. La « torture » du sommeil par exemple, c’est leur spécialité.

Sami El Haj : Je crois que la majorité des Services de renseignements du monde entier sont venus à Guantanamo. J’ai vu des Britanniques, j’ai vu des Canadiens. Ils sont venus là pour s’intéresser aux interrogatoires, et aussi pour fournir aux officiers de la CIA et du FBI des conseils sur comment torturer, comment interroger, sur la base de leurs expériences.

Silvia Cattori : Arrivez-vous à dormir tranquillement ?

Sami El Haj : Ce n’est plus comme avant Guantanamo. Je ne dors plus que 3 à 4 heures. Aujourd’hui, quand j’ai rencontré des gens à de la Croix-Rouge, je leur ai demandé de m’aider à surmonter mes difficultés, de me conseiller un docteur qui puisse m’examiner. Sept ans, ce n’est pas une courte période.

Silvia Cattori : La grève de la faim, n’était-ce pas un peu comme une torture dirigée contre vous-mêmes ? Pourquoi l’avoir faite durant de si longues périodes, alors que vos geôliers s’en servaient pour vous infliger encore plus d’humiliations et de souffrances ?

Sami El Haj : Parce que nous pensions que nous ne pouvions pas rester silencieux, que nous devions faire quelque chose. Nous n’avions que ce moyen-là de nous faire entendre. La grève de la faim est un moyen d’action très pénible, bien sûr, très difficile à supporter. Mais quand vous êtes privé de liberté, vous devez lutter pour l’obtenir. C’était la seule chose qui nous restait pour dire à l’administration Bush qu’un détenu a sa dignité, qu’il ne vit pas que de pain, que la liberté est plus importante.

Silvia Cattori : Comment cela se passait-il quand ils vous alimentaient de force ?

Sami El Haj : Quand il y avait plus de quarante détenus qui faisaient la grève de la faim, l’administration du camp tentait de briser leur résistance en nous faisant subir davantage de tortures. On nous isolait dans des pièces froides, on nous dénudait, on nous empêchait de dormir pendant de longues périodes. Deux fois par jour, les soldats nous attachaient sur une chaise spéciale. Ils nous appliquaient un masque sur la bouche ; ils nous introduisaient un gros tuyau dans le nez, pas dans l’estomac. Alors que la ration d’aliment normale était de 2 canettes, ils nous punissaient en injectant 24 canettes et 6 bouteilles d’eau. L’estomac, rétréci par les longues grèves de la faim, ne pouvait pas contenir ces quantités. Ils ajoutaient des produits qui provoquaient la diarrhée. Le détenu, maintenu attaché sur cette chaise plus de 3 heures, vomissait, vomissait. Ils nous laissaient dans le vomi et les excréments. La séance terminée ils arrachaient le tuyau avec violence ; quand ils voyaient le sang couler ils riaient de nous. Comme ils font usage de tuyaux infectés, jamais nettoyés, les détenus souffrent de maladies laissées sans soins.

Silvia Cattori : C’est grâce à cette longue grève de la faim que vous avez été libéré ?

Sami El Haj : Pas seulement à cause d’elle, mais c’était une des raisons qui a poussé l’administration à me relâcher.

Silvia Cattori : Que penser des aveux de Khaled Sheik Mohamed [4], qui s’accuse d’avoir organisé plus de 30 attentats dans 17 pays ?

Sami El Haj : Peut-être qu’ils l’ont torturé à un point où l’on n’est plus soi-même. Je ne l’ai jamais rencontré parce qu’ils l’ont mis dans un camp spécial. Un officier m’a dit qu’ils l’ont durement atteint ; vous pouvez vous en douter : ils l’ont terriblement torturé.

Silvia Cattori : Quand les Etats-Unis affirment qu’il est le « terroriste No 3 d’Al-Qaïda », cela a-t-il un quelconque rapport avec la réalité ?

Sami El Haj : Vraiment, je ne crois rien de ce qui vient de l’administration Bush. Parce que, moi aussi, ils m’ont accusé d’être un « terroriste ». Et je sais mieux que personne ce qu’il en est. Ces gens mentent trop. Je ne crois jamais rien de ce qu’affirme cette administration. Je connais un prisonnier qui a été tellement torturé, qu’à la fin il a dit : Je suis Oussama Ben Laden. Il disait ce qu’ils voulaient pour faire cesser les tortures.

Silvia Cattori : Alors, Al-Qaïda, est-elle une création des services de renseignements occidentaux ?

Sami El Haj : Pour ce que je sais, dans ma vie, je n’ai jamais rencontré personne qui m’ait dit : J’appartiens à Al-Qaïda.

À Guantanamo, j’ai rencontré la majorité des détenus parce que la politique de nos gardiens était de ne pas laisser les prisonniers vivre longtemps ensemble dans la même cellule. Ils nous transféraient chaque semaine ; ainsi, on faisait la connaissance de nouvelles personnes. Les gens que j’ai rencontrés à Guantanamo sont tous des gens pacifiques.

Depuis que je suis sorti, j’ai parlé avec plus de 100 d’entre eux. Ceux qui étaient mariés ont recommencé leur vie, les célibataires se sont mariés.

Silvia Cattori : Ceux qui puisent des forces dans la prière ont-ils plus de chance d’échapper à la folie ?

Sami El Haj : Bien sûr ! Si vous sentez que quelqu’un vous accompagne, surtout si c’est Dieu, vous allez être patient et, à tout moment, vous allez vous rappeler que Dieu a plus de pouvoir que les êtres humains. Je dois prier Dieu et le remercier. Je dois aussi remercier tous les gens qui m’ont soutenu. Je pense que, même si je passais ma vie à dire merci, je ne parviendrais pas à les remercier tous. Maintenant, par mon travail en faveur des droits de l’homme, peut-être que je pourrai contribuer à rendre plus heureusela vie d’autres personnes .

Silvia Cattori : Je crois que les médias et les ONG, chez nous, n’ont pas accordé l’importance qu’il eût fallu à la défense des droits de ces prisonniers musulmans [5]. Durant longtemps, dénoncer les abus commis contre eux, c’était vu comme un signe de sympathie avec les « terroristes ». Savez-vous que les responsables de « Reporters sans frontières », par exemple, dont la mission est de protéger les journalistes, ont été critiqués pour avoir attendu cinq ans, avant de parler de votre cas [6] ?

Sami El Haj : Les gens, malheureusement, ont cru ce que leur disait l’administration des Etats-Unis. Maintenant qu’ils ont compris que cela n’était pas vrai, ils corrigeront. Comme je vous l’ai dit, si quelqu’un fait une erreur, ce n’est pas un problème ; le problème, c’est de persévérer dans l’erreur.

Si les journalistes ne se sentent pas concernés quand des journalistes sont emprisonnés dans le cadre de leur métier, un jour peut-être, ces mêmes journalistes vont se trouver en prison et ils ne trouveront personne pour les défendre. Nous devons travailler ensemble, nos devons nous occuper de chaque cas. Si l’on apprend qu’un journaliste est emprisonné, on est censé le soutenir, par delà sa couleur ou sa religion.

Comme journaliste, je veux m’engager à soutenir les journalistes qui travaillent pour la défense des droits et des libertés. Il y a un immense travail devant nous. Nous devons nous engager pleinement pour faire libérer les gens qui sont enfermés à Guantanamo et dans ces nombreuses prisons secrètes où l’administration Bush prive de leurs droits des dizaines de milliers d’autres.

Cette expérience à Guantanamo nous a profondément marqués. Ce que je veux retenir est la nécessité et l’importance de la défense des droits de l’homme. Après tout le mal qui a été fait, tout le monde se sent aujourd’hui davantage concerné, je crois. Il n’est pas acceptable d’abandonner des gens qui souffrent. Nous avons l’obligation impérieuse de nous solidariser avec eux.

Al-Jazira compte s’associer avec les médias libres pour collecter les informations qui ont trait aux droits de l’homme et aux libertés. Je demande à tous les journalistes de coopérer avec nous en ce sens. Il y avait plus de 50 nationalités à Guantanamo ; c’est une affaire mondiale, et non pas la question de tel ou tel détenu.

Il est honteux que, dans notre société, des innocents que l’on a vendus se trouvent enfermés dans des cages, et que cette violation des droits fondamentaux soit le fait d’un pays qui prétend être le garant des droits et des libertés.

Je n’ai aucune haine. Nous respectons les citoyens des Etats-Unis. C’est leur gouvernement actuel qui doit assumer les conséquences de ces actes.

Les droits de l’homme et la sécurité ne sont pas séparables, on ne peut pas avoir la sécurité sans le respect des droits fondamentaux.

Silvia Cattori : Vous avez raison d’appeler les honnêtes gens et les journalistes à ne pas accepter que l’on viole les lois internationales et que l’on inflige des traitements cruels et dégradants à des êtres humains. Mais cette politique n’aurait pas pu durer si elle n’avait pas le soutien tacite des gouvernements des grandes puissances ; c’est avec leur assentiment que les gens désignés comme « ennemis combattants » ont été torturés [7]. Le « Patriot Act, » par exemple, promulgué après le 11 septembre aux Etats-Unis, tous les pays européens ont souscrit à son contenu. C’est dans le cadre de ces Accords secrets que les agents de la CIA et du FBI ont pu enlever et torturer, en Europe, des milliers d’innocents comme vous.

Sami El Haj : Je veux vous dire ceci : je ne crois pas en l’action des gouvernements. Parce que tout gouvernement, de n’importe quel pays, préfère gouverner sans se confronter aux problèmes réels des gens. Peut-être que, parfois, il intervient pour dire qu’il soutient telle cause mais, au fond, il ne la soutient pas. Ce n’est que pour des raisons politiques opportunistes qu’il se prononce. Et peut-être même qu’il affirme soutenir, par calcul politique, une chose en laquelle il ne croit pas. Oubliez les gouvernements, parce qu’ils mènent leur politique. Oui, nous devons continuer à travailler dur pour défendre les droits et les libertés de chacun.

Silvia Cattori : Peut-on conclure en disant que les « terroristes » tels que présentés par l’administration Bush et nos médias n’existent pas ?

Sami El Haj : Je puis vous assurer que les détenus de Guantanamo que j’ai rencontrés ne sont pas des « terroristes ». J’ai eu l’occasion de parler avec eux, de les connaître : ce sont des gens pacifiques.

Silvia Cattori : Alors on vous a arrêtés, comme ça, parce qu’il fallait faire du chiffre pour faire croire aux autres pays européens qu’il y avait bel et bien des « terroristes » musulmans ?

Sami El Haj : Nous avons été arrêtés à la suite de l’attentat du 11 septembre, dont personne à ce jour ne peut dire qui en est l’auteur. Bush ne voulait pas dire : J’ai fait des erreurs, je n’ai pas assuré correctement la sécurité. Il a dit : Nous allons commencer une guerre contre ces « terroristes ». Résultat : il n’a pas apporté la sécurité à qui que ce soit.

Il a fait bombarder l’Afghanistan, il a envoyé ses soldats faire la guerre à des peuples entiers, mais il n’a pas arrêté les personnes qu’il s’était fixé d’arrêter. Il a versé des sommes d’argent aux Pakistanais pour qu’en contrepartie ils commencent à arrêter des gens et les remettent à son administration.

89% des gens, à Guantanamo, ont été achetés, contre espèces sonnantes, aux autorités Pakistanaises. Où les ont-ils trouvés ? Ils les ont trouvés au Pakistan, pas en Afghanistan.

Silvia Cattori : Ces prisonniers ont ensuite été torturés avec la promesse de cesser, s’ils acceptaient de devenir espions au service de la CIA !? C’est un système terrifiant ?!

Sami El Haj : Oui. Attendons que M. Bush ait quitté l’administration. Lorsqu’il aura quitté son fauteuil, je suis sûr que beaucoup de gens vont s’exprimer sur ses méfaits.

Silvia Cattori : Votre témoignage est très important. On a massacré votre jeunesse. Et vous avez la magnanimité de transformer ce désastre en quelque chose de constructif. Vous refusez de vous considérer comme victime. Vous êtes vraiment magnifique ! Tant de gens en prison doivent attendre l’aide de gens de votre qualité.

Sami El Haj : Nous devons travailler dur, afin que ceux qui continuent de soutenir l’administration Bush finissent pas se sentir honteux de leurs actes. A ce moment-là, personne ne va plus les aider. Et quand plus personne ne les aidera, ils arrêteront.

Toute l’histoire de Guantanamo est une tache noire. L’administration Bush a voulu duper l’opinion en disant que nous étions des terroristes. Or ces hommes que l’on a enfermés en leur grande majorité, sont comme moi, innocents.

Silvia Cattori : Merci de nous avoir accordé cet entretien.

* * *

Chacun peut le constater : les prétendus « terroristes » que nos sociétés pourchassent sont en réalité des victimes.

M. Sami El Haj frappe par sa sagesse, sa maturité, sa hauteur de vues. Il vous fait penser au Christ en Croix, car son calvaire n’est pas fini ; les blessures sont trop profondes.

Sa finesse contraste avec la description des présumés « terroristes » que les autorités et les médias traditionnels nous ont donnée durant toutes ces années.

Pas de revendications ni de plaintes ; son récit est sobre, sans emphase. Il devrait être à même de faire bouger les choses. Il met l’accent sur l’action à mener pour faire sortir, sans tarder, ceux qui demeurent captifs. Il dit et répète qu’il ne pourra trouver aucun repos aussi longtemps que tous les détenus de Guantanamo, ne seront pas libérés.

Il y a désormais urgence, obligation morale à réagir, à expliquer honnêtement ce qui s’est réellement passé, à plaider pour que nos sociétés adoptent une politique où le monde arabe et musulman puisse s’attendre à autre chose qu’à des guerres et du racisme.

Si, dans l’ensemble, les médias de l’arc lémanique ont relaté correctement le passage à Genève de M. Sami El Haj, il n’en reste pas moins que la télévision publique locale (TSR) a minimisé l’événement et n’a pas daigné l’inviter sur son plateau. A noter –ceci explique-t-il cela ? – que les rédacteurs de la TSR ont donné abondamment la parole, ces sept dernières années, aux « bons Arabes », comme Antoine Basbous ou Antoine Sfeir, qui vont répétant ce que nos rédacteurs disent ou veulent entendre, apportant ainsi un soutien aux thèses bellicistes qui ont, semble-t-il, leur faveur.

Les kidnappings, les centres de tortures comme Guantanamo, Abou Ghraib, Bagram, Kandahar, ne sont pas, comme on le laisse encore trop souvent croire, un simple « dérapage » [8], mais bel et bien l’expression d’une politique criminelle qui sert les intérêts cachés de deux Etats principalement : les Etats-Unis et Israël. On peut d’ailleurs se demander si ce dernier n’est pas le seul gagnant de ces guerres, qui ont dévasté des peuples entiers, mais aussi ruiné les finances et l’image des Etats-Unis dans le monde.

Cette « guerre contre le terrorisme », dont on nous rabâche les oreilles, est une guerre criminelle ; une guerre manipulée par les grandes puissances et leurs services de renseignements.

Les gens sont de plus en plus nombreux à comprendre que les sanctions de l’ONU, les « listes terroristes » que l’Europe a également dressées, les campagnes de dénigrement à l’égard des musulmans, sont des instruments de manipulation de l’opinion, destinés à entretenir artificiellement un climat conflictuel.

Les attentats du 11 septembre 2001, du reste, ont immédiatement servi de prétexte pour orienter la politique internationale de Tel Aviv et Washington dans le sens d’objectifs militaires programmés de longue date. Ils ont notamment servi à liquider toute forme de résistance à leur politique criminelle. A commencer par la résistance palestinienne et musulmane.

Après le démantèlement de l’empire soviétique, le monde islamique a été désigné comme « nouvel « axe du mal ». Dès le début des années 90, les Etats-Unis et Israël ont manœuvré de façon à susciter la peur et l’intolérance à l’égard des musulmans et à inciter les services secrets de divers pays, à les infiltrer, à les manipuler, à les financer, à encourager des « paumés » à faire des attentats ; pour ensuite les montrer du doigt, justifier des mesures coercitives, les kidnappings, les tortures, les détentions arbitraires.

Depuis 2001, alors que les principaux médias se faisaient complaisamment l’écho de campagnes contre des « antisémites » le plus souvent imaginaires, des dizaines de milliers de musulmans se faisaient kidnapper, encagouler, emprisonner, broyer, par des tortionnaires, dans le but de les contraindre, par la force, à accepter de travailler comme espions pour les services de renseignements étatiques. Tout cela calqué sur les méthodes des services secrets israéliens du Shin Beth [9], qui ont si bien fonctionné pour broyer quelques 700’000 Palestiniens emprisonnés arbitrairement, durant ces 40 dernières années.

Est-ce de cette société là que nous voulons ?

Ce qu’il y a de plus lamentable et de plus décourageant, dans cette triste histoire, est le fait que les gouvernements européens se sont servis de cette prétendue « menace islamiste », pour se débarrasser de nombre de garde-fous constitutionnels et ont mis, eux aussi, en application les mesures illégales dictées par M. Bush, et permis ainsi à la CIA de kidnapper, sur leur sol, des musulmans, tout en sachant qu’ils allaient être livrés à des centres de tortures, en-dehors de tout droit, et pour des durées illimitées.

Ce qui pose également question est la place que les chefs de rédactions ont accordée, et continuent d’accorder, à ces prétendus « spécialistes en terrorisme » qui ont entretenu le fantasme du « péril islamiste ». Des « spécialistes » qui reprennent la propagande états-unienne, associent Islam et « terrorisme », alors qu’ils savent parfaitement que la stratégie de Washington et de Tel Aviv est d’associer, sans aucune preuve, des musulmans à des « terroristes » [10].

Chacun de nous se souvient de ces campagnes biaisées, destinées à vilipender et détruire la carrière de deux frères : Hani et Tariq Ramadan, en France et en Suisse notamment. Dans les autres pays on a connu des montages similaires.

Si nous ne voulons pas d’une société pervertie, basée sur le mensonge, qui autorise les kidnappings, les centres de tortures, les assassinats ciblés, les stratégies d’infiltrations, destinées à transformer des gens en informateurs, il est temps de réagir.

Voir M. Sami El Hadj, ce revenant de l’enfer, appeler, sans haine ni esprit de revanche, les journalistes à travailler pour faire triompher les droits humains, à effacer cette « tache noire de la mémoire », est une grande leçon.

Notre « civilisation occidentale », nos « démocraties » tant vantées, au nom desquelles on a fait tant de guerres et commis tant de crimes, nos médias « libres », devront compter désormais avec tous ces revenants qui nous appellent à nous réveiller.


[1] Sami El Haj été invité à Genève par la Fondation « Alkarama for Human Rights » . Voir : « Sami El Haj achève une intense visite à Genève », Alkarama for Human Rights, 2 juillet2008.

[2] Voir : « Andreas von Bülow : Nous devons d’abord lutter contre la manipulation », Réseau Voltaire, 6 janvier 2006.

[3] Selon M. Dick Marty, rapporteur de la Commission des Affaires juridiques et des Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe chargé d’enquêter sur l’existence de prisons secrètes de la CIA en Europe, un « accord secret, conclu en octobre 2001 entre les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN, a posé le cadre qui a permis à la CIA d’incarcérer des « détenus de grande importance » en Europe. C’est cet accord qui autorise les graves violations des droits, y compris la torture ».

[4] Khalid Cheikh Mohammed a été arrêté au Pakistan en 2003. Accusé d’être le numéro 3 d’Al-Qaïda, il a été interné dans diverses prisons secrètes avant d’être placé à l’isolement dès 2006 à Guantanamo, et sauvagement torturé. Son procès-mascarade devant le tribunal militaire, en même temps que 14 autres responsables d’Al Qaïda, a eu lieu, en juin 2008.

[5] La « Commission Arabe des Droits Humains » s’est, elle, battue dès le départ, pour exiger la fermeture de Guantanamo. Voir : www.achr.nu

[6] Voir : « Reporters Sans Frontières se souvient (tardivement) de Sami Al Haj », Réseau Voltaire, 17 février 2006.

[7] Le statut de « combattant ennemi » et « combattant illégal », permettant au gouvernement des États-Unis de détenir sans limite, sans passer par une juridiction civile, les prisonniers ainsi désignés, découle de la loi « Patriot Act », une loi d’Exception destinée à « unir et renforcer l’Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme » votée par le Congrès des États-Unis et signée par George W. Bush, le 26 octobre 2001.

[8] Le quotidien « 24 Heures » a écrit, le 27 juin 2008 : « Sami Elhaj est de passage à Genève pour dénoncer le dérapage insensé de la grande machine antiterroriste américaine ».

[9] Voir : « Why did they treat me like that ? », par Gideon Levy, Haaretz, 6 juillet 2008.

Voir également : « Full account of Muhammed Omer’s hair-raising encounter with the Shin Beth », par Khalid Amayreh, 1er juillet 2008.

[10] Sur son site internet, M.Youssef Nada montre le rôle que certains journalistes ont joué dans sa destruction sur la base de mensonges. Voir : http://www.youssefnada.ch/

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